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Fan du Canadien pour l'éternité

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Stéphane Dumas

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Fan du Canadien pour l'éternité

Message par Stéphane Dumas le Mar 8 Jan - 11:55

https://www.rds.ca/hockey/canadiens/fan-du-canadien-pour-l-eternite-1.6537674


BERTRAND RAYMOND
MARDI, 8 JANV. 2019. 08:30


Journée morose, un tantinet grisâtre, aujourd’hui. Pour moi, pas pour lui. En fait, je ne saurais trouver les mots pour exprimer ce que je ressens. Ce n’est pas tous les jours qu’un vieux chum décide en toute lucidité de la date de sa mort. C’est rare qu’on doive se faire à l’idée que dans quelques heures, il ne sera plus là parce qu’il en a décidé ainsi.

Guy Roy a été un collègue respecté et estimé au Journal de Montréal. Un travailleur inépuisable doté d’un sens du devoir et de la nouvelle comme il s’en faisait peu. Pendant près d’un quart de siècle, nous avons travaillé côte à côte, moi aux sports, lui aux faits divers dont il était le spécialiste de l’époque. Un gars toujours souriant, d’une belle naïveté, avec une attitude bon enfant qui contribuait à le rendre particulièrement attachant. Il affichait toujours le franc sourire d’un homme occupé à gagner sa vie dans le plus agréable des terrains de jeux, le journalisme écrit. Il adorait son métier. Il souriait toujours parce que la salle de rédaction était un endroit qui le rendait heureux. Il parlait fort et du fond de la salle, on entendait son rire sonore. Quand la nouvelle frappait, il n’aurait jamais souhaité être ailleurs.

Être affecté aux faits divers est un boulot qui nécessite de la compréhension, de la patience et de l’empathie. Chaque jour qui passe est rarement une partie de plaisir parce qu’il apporte son lot d’accidents, de tragédies et de drames humains à couvrir. Guy posait des questions avec une rare habileté. Son approche délicate et polie lui valait de recevoir de précieuses confidences. Dans ce genre de boulot, il a été le meilleur de son temps. Dans quelques heures, il pourra partir en se disant bien humblement qu’il a été quelqu’un dans le milieu des médias.

Quand j’entrais dans la salle de rédaction et que j’avais à passer près de son cubicule, j’étais sûr d’être intercepté par ce maniaque de hockey et du Canadien qui ne se faisait pas prier pour m’offrir ses commentaires sur le match de la veille. Le même genre d’opinions qu’il m’a offertes ces derniers jours et sur lesquelles je reviendrai un peu plus tard.

Guy souffre de fibrose pulmonaire idiopathique depuis deux ans, une maladie traître et sans appel qui l’aurait contraint à une mort atroce, avec l’effroyable sensation de mourir étouffé, s’il n’avait pas pris la courageuse décision de partir avant que cela se produise. Il y a trois mois, il avait demandé l’aide à mourir et choisi la date du 8 janvier pour faire ses adieux à ses proches. Son médecin, pour qui l’expérience d’aujourd’hui ne sera pas une partie de plaisir, a accédé à cette demande légitime pour lui épargner une fin de vie injustement cruelle.

« Ce type de fibrose est la pire maladie pulmonaire qui existe, me précise-t-il. Elle m’aurait forcé à une mort lente par détresse pulmonaire. J’aurais pu vivre pendant six à huit mois encore, mais dans quelles conditions? Ça ne valait pas la peine d’étirer cela inutilement. »
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